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Les résolutions d'après confinement de Thibault de Saint Vincent, président de Barnes

Les résolutions d'après confinement de Thibault de Saint Vincent, président de Barnes

C'est depuis son bureau de Miami, en Floride, que Thibault de Saint Vincent, président de Barnes, nous a fait part de ses résolutions d'après confinement.

Les résolutions d'après confinement de Thibault de Saint Vincent, président de Barnes

Résider à Miami en période du Covid 19, c'est pratique pour travailler ?

Effectivement ! En Floride, il n'y a pas d’ordre strict de confinement, cela reste du domaine des recommandations et de la responsabilité de chacun. Pas d'obligation du gouverneur de Floride ou de police dans les rues, on est libre de nos mouvements. Je vous parle depuis mon bureau du quartier de Brickell, qu'on ouvre « en libre-service » pour les consultants qui y passent occasionnellement. En revanche, nous ne recevons aucun client et les ventes sont au ralenti. Nous avons réalisé deux ventes à distance et une dizaine de locations depuis la mi-mars. En France également dans chaque bureau, les ventes se comptent sur les doigts d’une main. Sur les 250 promesses de vente en cours, nous enregistrons moins de 5 % d'annulations. A Paris et en région parisienne, nous comptons un peu plus de 120 promesses en cours et nous avons enregistré 5 annulations. Des chiffres relativement modestes, car on sent une forte résistance de l'immobilier haut de gamme.

Que vous disent les indicateurs immobiliers américains ?

Cela diffère fortement d'un état à l'autre. Ici, le marché locatif reste assez actif. Il y a des incertitudes qui pèsent sur les réouvertures des commerces et des restaurants et les employés se sont retrouvés du jour au lendemain sans emploi. Ils ne touchent pratiquement aucune aide. Aux USA, il n'y a pas de gestion sociale de la crise. Le grand gagnant est le télétravail, dont les experts américains disent qu’il devrait concerner 38 % des employés de bureaux, contre 18 % avant la crise. Les américains sont des battants, avec un esprit entrepreneur. Ils sont sur les « starting blocks », et attendent de reprendre leur travail au plus vite.

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Ce salon élégant n'est autre que l'agence immobilière Barnes, à Saint-Barthélémy. © DR

Pourriez-vous être amené à fermer des agences ?

Aucune ! Elles sont physiquement fermées pour le moment, mais les équipes qui représentent plus de 500 personnes en France, et plus de 300 à l'international, sont opérationnelles. Les consultants, qu’ils soient salariés ou indépendants sont actifs depuis chez eux, évidemment plutôt à temps partiel qu'à plein temps. Quant aux « fonctions supports » (services communication, marketing, finance, juridique, développement), nous avons été contraint de mettre 85 % du personnel en chômage partiel. Dès le 11 mai, la plupart devrait néanmoins reprendre au moins à temps partiel.

Comment se préparent-elles au déconfinement ?

Avec une organisation différente pour intégrer les mesures de sécurité sanitaires. Tous les locaux seront désinfectés, nos hôtesses d'accueil auront une vitre en plexiglass sur leurs bureaux et le personnel et les clients se verront offrir des masques, nous en avons déjà commandé 15 000 exemplaires. Nous prévoyons de conserver la moitié des équipes en télétravail pour préserver ceux qui travaillent en open space. Des masques, des gants et du gel seront mis à la disposition de nos clients, lorsqu'ils viendront nous rencontrer ou pendant des visites. Ils auront désormais systématiquement la possibilité soit de réaliser une visite virtuelle en visio, soit une visite physique du bien. D'autre part, toutes nos annonces seront disponibles en visite 3D, grâce au système Matterport.

Comment votre spécificité va-t-elle se révéler dans les mois à venir ?

Les priorités iront à nos clients. On les accompagnera globalement en leur permettant d’arbitrer entre les pays et les destinations avec une vraie expertise locale, qu'on soit à Genève, Paris, Londres, Saint-Tropez ou Miami, y compris pour le financement et le suivi des travaux. C'est indispensable, et rassurant notamment pour la clientèle étrangère.

Les prix de l’immobilier de luxe vont-ils faire du yoyo ?

Je ne pense pas que cette crise puisse être comparée à celle de 1992 car l’immobilier n’était pas considéré à l’époque comme une valeur refuge ou à celle de 2008 marquée par les spéculations sur les marchés financiers. En 2020, le contexte est différent, ça ne sera pas la grande braderie. On constate un maintien de la confiance dans les prix car l'immobilier haut de gamme est désormais une valeur refuge à tous les niveaux. Les clients l'ont constaté récemment en se réfugiant dans leurs résidences principales ou secondaires. De plus, ils découvrent que c'est également une annexe du bureau, qui se doit d’être agréable et confortable. Le grand gagnant semble être l'immobilier résidentiel, tandis que le perdant sera sans doute l'immobilier de bureaux.

Les visites virtuelles n’ont-elles pas une limite ?

Elles remplacent surtout la première visite. Certains acheteurs qui savent ce qu'ils veulent se décident rapidement, et cela peut leur permettre un vrai gain de temps. Evidemment, ils n'achèteront pas sans visiter le bien, mais cela peut leur faire économiser du temps, et le déplacement se fait alors uniquement lorsqu'ils sont sûrs.

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Non, nous ne sommes pas chez Thibault de Saint Vincent, mais dans un appartement qu'il propose, à Paris. © DR

Quelle est l’utilité pratique de vos « Webinars » ?

Réservées aux professionnels, aux clients, acheteurs, vendeurs et médias, ces conférences séminaires, en visio, sont très efficaces. Le format de 45 minutes met en avant 4 ou 5 intervenants, et permet d'aborder des sujets précis. Nous en avons une le 5 mai sur le thème du marché londonien, au sortir du déconfinement, avec l’état des lieux et notre ressenti.

Vivant à l'étranger, êtes-vous fier du secteur immobilier en France ?

La France, c'est des siècles d'histoire, un savoir-faire, un savoir-vivre et une élégance. Ça nous tient à cœur et c'est ce qu'on aime promouvoir à l'international.

Allez-vous réduire votre engagement envers le monde artistique ?

A Paris, Londres ou Genève, on continuera d'aider les artistes, jeunes ou confirmés, pour leur offrir une belle visibilité. C'est dans notre ADN, et notre investissement corporate dans ce domaine représente 1 % du chiffre d'affaires des agences, soit environ 1 million d'euros par an au niveau mondial.

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Pour vous évader, offrez-vous cette villa du Pyla-sur-Mer, l'eau de sa piscine se confond avec celle de l'océan. © DR
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