Art de vivre

Les beaux challenges de Julie Bernhard Klein, responsable de la Villa René Lalique

Les beaux challenges de Julie Bernhard Klein, responsable de la Villa René Lalique

À seulement 34 ans, Julie Bernhard Klein relève le challenge de manager la Villa René Lalique, un écrin de luxe et de gourmandise, en Alsace. Confessions exclusives.

Diriger la Villa Lalique, c'est un challenge à votre taille ?

Même pas peur ! Je confirme que c'est un très gros challenge, surtout en prenant la suite de mes parents qui lui ont donné cette envergure. Être « fille de », à mon poste, ce n'était pas évident, j'ai du faire mes preuves. Mais on est une équipe assez soudée car on se connait depuis longtemps, on travaillait tous ensemble à l'Arsbourg, à Baerenthal, l'ancien restaurant du chef Georges Klein.

Animer une équipe de 30 personnes, ça s'organise ?

J'ai pris des cours de management dans l'hôtellerie restauration, car ce n'est pas facile à gérer au quotidien. Il faut savoir s'imposer aux cadres masculins qui ont quelques années de plus, sans forcément être dur, je me suis rendu compte que ce n'était pas la bonne méthode. Dans l'ensemble, je crois que ça se passe plutôt bien, il faudrait peut être leur demander directement…

Quels sont vos objectifs professionnels ?

La 3e étoile au guide Michelin. On travaille tous pour ça en se donnant à 300 %, de 9h à 2h du matin, pour faire plaisir à nos clients dont le niveau d'exigence nous pousse à viser l'excellence.

Villa René Lalique vue extérieure
À la villa traditionnelle s'est ajouté un pavillon futuriste qui abrite le restaurant, et au sous-sol, la cave musée. © Reto Guntli
Villa René Lalique équipe
De la cuisine à la salle, toute l'équipe est mobilisée pour atteindre le niveau attendu par des clients exigeants. © Gilles Pernet
Villa René Lalique lounge
Atmosphère feutrée, clins d'œil en cristal, tissus et bois précieux, le lounge donne un aperçu du grand luxe ambiant. © Reto Guntli

Être une fille ne suffit pas pour manager une équipe de 30 personnes »

Julie Bernhard Klein.

Vivre dans le luxe de la Villa Lalique, ça ne fait pas tourner la tête ?

Non, nous y sommes comme des enfants, mais on sait que cet écrin n'est pas à nous, mais à notre patron propriétaire suisse, Silvio Denz. Après avoir acheté la marque Lalique en 2008, ce grand passionné de vins, qui possède des chais dans le bordelais, nous a permis de constituer une cave gigantesque aux millésimes rares. Il nous donne carte blanche pour porter la maison au sommet.

Passer de 5 étoiles à palace, c'est une volonté ?

Non, l'appelation palace, c'est plus dédiée aux grandes villes. Nous sommes en pleine campagne alsacienne, dans le petit village de Wingen-sur-Moder. Par contre, toute l'équipe se concentre sur la partie gastronomie de l'établissement, c'est déjà beaucoup de travail et beaucoup d'émotion.

Villa René Lalique restaurant
Ouverte sur les forêts alsaciennes, la salle de restaurant est surplombée par une sculpture de cristal. Lalique bien sûr... © Gilles Pernet
Villa René Lalique plats
Technique, graphisme, lisibilité les assiettes de Jean-Georges Klein mérite déjà les 3 macarons Michelin. © Lucas Müller et Richard Haughton
Villa René Lalique desserts
Œuvres d'art éphémères, ces desserts sont réalisés par le chef pâtissier Nicolas Multon. © Richard Haughton

Qui sont vos clients ?

Ils sont représentés par 50 % de Français, le reste vient d'Allemagne, de Suisse et du Bénélux pour l'essentiel. Nos clients sont des quarantenaires qui peuvent découvrir la Villa en s'offrant un repas à 200 €, ou le menu d'affaires « Inspiration » à 78 €, en semaine. Par contre, il faut compter de 4 à 5 mois de réservation pour obtenir une table, et nous ne possédons que 6 suites. Le lieu est exclusif.

Résider ici donne-t-il le droit de visiter le musée Lalique ?

Absolument ! Nous incitons nos clients à visiter ce temple de l'Art Déco, qui est situé à quelques pas du restaurant, en leur offrant des billets d'entrée. Ils peuvent ainsi y vivre la magie du cristal…

Villa René Lalique détails cristal
Cabochons, sculptures, chaque meuble de la villa porte la signature Lalique. © Reto Guntli et Gilles Pernet

Conjuguer le plaisir des yeux et des papilles…