Immobilier en bord de mer : des stations balnéaires à deux vitesses

Fabien Mougin
Partager sur
FacebookTwitterLinkedin

Si le marché immobilier français est en léger recul, le littoral continue de résister. Mais derrière cette dynamique positive, les écarts se creusent entre les stations les plus exclusives et celles qui retrouvent un rythme plus mesuré. Découvrez comment évoluent les prix des résidences secondaires selon les destinations.

Image
 Vue panoramique sur la baie et les collines de la French Riviera. ©Getty Images
Sur le littoral français, les prix des résidences secondaires continuent de résister, malgré de fortes disparités entre les stations balnéaires. © Getty Images
Sommaire

Le littoral résiste, mais avec des nuances marquées

Bonne nouvelle pour les acquéreurs en quête d’une résidence secondaire au bord de l’eau : le marché immobilier du littoral français résiste mieux que l’ensemble du marché national. Alors que les prix reculent légèrement à l’échelle nationale (-0,4 % sur un an), les stations balnéaires françaises enregistrent une hausse moyenne de 0,9 %, selon la dernière étude publiée par SeLoger.

Mais derrière cette moyenne, la réalité est nuancée. Certaines destinations continuent de battre des records, quand d'autres stagnent, voire reculent, après les flambées observées pendant les années post-Covid. Sur les stations balnéaires, le marché connaît désormais plusieurs dynamiques.

Image
Littoral breton, Saint-Malo vu du ciel
© Getty Images

Les adresses les plus recherchées restent sous tension

Sur le segment haut de gamme, les stations les plus exclusives conservent leur statut de valeurs refuges. La région Provence-Alpes-Côte d'Azur en est le meilleur exemple : avec un prix moyen de 6 145 €/m², son littoral atteint son plus haut niveau depuis 2019, porté par une demande soutenue et une offre toujours aussi limitée.

Sans surprise, Saint-Jean-Cap-Ferrat reste la station balnéaire la plus chère de France avec 18 047 €/m², devant Ramatuelle (16 135 €/m²) et Saint-Tropez (15 073 €/m²). Sur le marché de l'immobilier de prestige, les prix médians atteignent 11 000 €/m² sur le littoral azuréen et dépassent même les 22 000 €/m² à Saint-Jean-Cap-Ferrat.

Cette résistance illustre le poids des emplacements les plus rares, où la clientèle française et internationale continue d'alimenter la demande.

Image
Littoral
© Getty Images

Des évolutions très contrastées selon les destinations

Toutes les destinations du littoral n'évoluent pas au même rythme.

La Corse signe la plus forte progression de l'année avec +8,5 %. Une hausse qui s'explique davantage par un rattrapage que par une envolée soudaine : entre 2020 et 2022, l'île avait connu une progression plus modérée que les autres littoraux avant d'accélérer à partir de 2024.

La Bretagne, elle, confirme sa remarquable solidité. Les prix y progressent encore de 1,1 % sur un an et affichent désormais +38,5 % depuis 2019, soit la plus forte hausse cumulée de toutes les côtes françaises.

À l'inverse, le littoral atlantique retrouve progressivement son équilibre après les fortes hausses enregistrées pendant la crise sanitaire. Les prix n'y progressent plus que de 0,2 % sur un an, tandis que la Manche devient le seul littoral en recul, avec -1,4 %.

Image
Stations les plus accessibles
Image
Stations les plus chères

Que peut-on acheter aujourd’hui avec un budget de 250 000 € ?

Si les évolutions de prix ne sont pas toujours très parlantes, SeLoger met en lumière les fortes disparités entre les stations balnéaires avec un exemple concret : un budget de 250 000 €, frais d'agence et de notaire inclus.

À Saint-Jean-Cap-Ferrat, ce budget permet d'acquérir à peine 12 m². À Ramatuelle ou Saint-Tropez, la surface reste inférieure à 15 m².

À l'autre extrémité du classement, rendez-vous à Woignarue, sur la Manche, pour acquérir un 124 m² avec ce même budget. À Geffosses, toujours sur la Manche, ou à Ploéven, en Bretagne, il est encore possible d'acquérir près d'une centaine de mètres carrés avec 250 000 €.

Et même au sein des marchés les plus prisés, les différences sont notables. En Corse, un acquéreur pourra viser environ 33 m² à Corbara ou Lecci, mais près de 94 m² à Valle-di-Campoloro. Sur la Côte d'Azur, des communes comme Saintes-Maries-de-la-Mer ou Saint-Mandrier-sur-Mer offrent encore des surfaces proches de 50 m², bien loin des records affichés par le cap Ferrat.

Image
250

Après plusieurs années de hausse généralisée, le marché immobilier en bord de mer semble retrouver une logique plus classique. Les stations dont l'attractivité repose sur la rareté de leur offre et leur rayonnement international continuent d'afficher une remarquable résilience. D'autres, qui avaient bénéficié de l'engouement pour les résidences secondaires après la pandémie, voient leurs prix se stabiliser, voire reculer légèrement. La question n'est donc plus seulement d'investir en bord de la mer, mais de choisir une destination dont les fondamentaux restent solides sur le long terme.

Cet article vous a été utile ?
0
0

Pouvez-vous nous préciser pourquoi ? (facultatif)

Partager sur
FacebookTwitterLinkedin
Ces articles peuvent vous intéresser
A la une !